Titulaire d’un doctorat en histoire, Charles Djonko ne s’est pas véritablement révélé au grand public à travers ses productions scientifiques, mais davantage grâce à une activité bien différente : l’élevage du lapin.
L’aventure débute en 2015, lorsque ce jeune entrepreneur camerounais s’intéresse à une filière encore peu exploitée, mais dans laquelle, selon lui, « l’offre reste largement inférieure à la demande ». Il commence modestement, avec un simple clapier installé derrière sa maison. Quelques années plus tard, l’activité prend de l’ampleur et sa ferme s’étend au quartier Nzentso, à Foréké-Dschang. Plus de dix ans après ses débuts, le Dr Charles Djonko s’est progressivement imposé parmi les cuniculteurs les plus en vue de la région de l’Ouest, avec des ambitions qui dépassent désormais les frontières régionales. Convaincu du potentiel de la filière, il estime que « le lapin peut contribuer à transformer notre économie », notamment à travers la création d’emplois, la formation des jeunes et la production de viande.



Pour lui, se lancer dans la cuniculture ne relève cependant pas d’une simple formalité. Si le lapin présente l’avantage de se reproduire rapidement, son élevage exige rigueur, attention et suivi sanitaire. « Le lapin demande beaucoup d’attention et de soins, mais sa rentabilité reste l’un des grands atouts de cet élevage », explique-t-il. Dans sa ferme baptisée Mange Lapin, le Dr Charles Djonko peut, en période de forte production, atteindre environ 700 sujets. Lors de notre passage dans cette exploitation cunicole, le vendredi 4 septembre 2026, plus d’une centaine de reproducteurs y étaient dénombrés, ainsi que plus de 400 lapereaux.



Au-delà de la production, l’entreprise Mange Lapin mise également sur la transmission du savoir-faire. Elle a mis en place un dispositif de formation destiné aux jeunes désireux de se lancer dans la filière. Une fois formés, ces derniers peuvent écouler leur production auprès de l’entreprise, qui rachète leurs lapins afin de répondre à ses propres commandes. Un modèle qui permet à Charles Djonko de construire progressivement un réseau de producteurs tout en contribuant à l’insertion économique de jeunes passionnés par la cuniculture.



Parti d’un simple clapier derrière sa maison, le Dr Charles Djonko est aujourd’hui à la tête d’une exploitation qui ambitionne de faire du lapin une véritable opportunité économique. À Dschang, cet historien de formation semble ainsi avoir choisi d’écrire, à sa manière, l’une des belles pages de l’histoire de la cuniculture au Cameroun.
Article rédigé par Valdo SIEWE.
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