À peine titularisé : Émile TEMGOUA déjà confronté au brûlant dossier de la CNPS

La commune de Dschang traîne une dette de plus de 400 millions de FCFA envers la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), un passif qui remonterait à 1985. Cette situation continue de faire des victimes parmi les anciens employés communaux : certains sont décédés sans avoir pu bénéficier de leurs droits sociaux, tandis que d’autres sont contraints de percevoir une pension de retraite partielle, faute de régularisation des cotisations sociales.

Au lendemain de son élection à la tête de la commune de Dschang, le professeur Émile Temgoua a pris part, jeudi 16 juillet 2026, à la cérémonie de lancement du Centre de Fiscalité Locale et des Particuliers de la Menoua. Si cette rencontre n’avait pas pour vocation première d’aborder les problématiques propres aux collectivités territoriales, elle a tout de même réuni les principaux acteurs de la chaîne administrative et financière des communes du département de la Menoua, ainsi que des représentants des cabinets de conseil fiscal, de l’administration fiscale et de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).

Au cours des échanges, le chef d’agence  CNPS de Dschang a remis sur la table, l’épineuse question des arriérés de cotisations sociales, un problème qui semble constituer un dénominateur commun à plusieurs communes de la Menoua. Il a toutefois insisté sur le cas particulièrement préoccupant de la commune de Dschang.

« Cette situation est certes générale dans la Menoua, mais la commune de Dschang est particulièrement endettée vis-à-vis de la CNPS. Les déclarations mensuelles sont régulièrement effectuées, mais elles ne sont suivies d’aucun paiement. Le Directeur général de la CNPS avait pourtant accordé un moratoire afin de permettre à la mairie d’apurer progressivement ses arriérés de cotisations sociales. Malheureusement, nous constatons que ni les échéances prévues dans ce moratoire, ni les cotisations courantes ne sont honorées depuis un bon moment.

Monsieur le Maire, qu’est-ce qui peut nous rassurer quant à une amélioration de la situation dans les mois à venir ? Les conséquences sont très lourdes sur le paiement des prestations sociales. Plusieurs anciens employés de la mairie ne perçoivent qu’une partie de leur pension de retraite. Beaucoup ont saisi le Comité des recours gracieux du Conseil d’administration de la CNPS, qui leur a malheureusement recommandé d’accepter, provisoirement, le versement d’une pension partielle, en attendant que la commune et la CNPS trouvent un accord permettant la régularisation complète de leurs droits. »

Interpellé sur cette situation, le maire de Dschang n’a pas éludé le sujet. Il a reconnu l’ampleur de la dette tout en mettant en avant les difficultés financières auxquelles fait face la municipalité.

« Je suis heureux que le chef d’agence de la CNPS de Dschang remette cette question sur la table, car elle nous préoccupe énormément. La CNPS réclame aujourd’hui plus de 400 millions de FCFA à la commune de Dschang, pour des cotisations qui remontent jusqu’en 1985. Vous imaginez bien que plusieurs des personnes concernées ne sont malheureusement plus de ce monde et n’ont jamais pu bénéficier de leurs prestations sociales.

Un moratoire nous a été accordé parce que tous les comptes de la mairie ont été gelés par la CNPS. L’engagement consistait à verser immédiatement 15 millions de FCFA au titre de la dette principale, puis un million de FCFA par trimestre, tout en s’acquittant régulièrement des cotisations sociales courantes, selon les disponibilités financières de la commune. Malheureusement, nous n’avons même pas réussi à réunir ces 15 millions.

Je vais être transparent : il y avait 1,2 million de FCFA sur notre compte Campost et j’ai demandé que cette somme soit reversée à la CNPS. Il y avait également 3 millions de FCFA sur notre compte Afriland ; j’ai donné les mêmes instructions. En revanche, notre compte à la CBC affiche un découvert de plus de 100 millions de FCFA. Or, c’est ce compte qui doit recevoir les Centimes additionnels communaux (CAC) du quatrième trimestre 2025. Nous sommes déjà en juillet 2026 et ce compte reste bloqué. Si ces fonds y sont virés, nous ne pourrons même pas y avoir accès.

J’ai pourtant émis un ordre de recettes en faveur de la CNPS afin que, dès la réception des CAC, 9 millions de FCFA soient immédiatement reversés à la CNPS pour compléter les 15 millions convenus. Mais la CNPS nous répond qu’aucun compte ne sera débloqué tant que les paiements ne seront pas effectués. Nous sommes donc dans une véritable impasse. C’est un véritable serpent de mer qui nous embarrasse énormément. Il devient indispensable que nous revenions autour de la table des négociations afin de trouver une solution durable. »

Cette intervention du maire nouvellement élu remet au premier plan un dossier vieux de plus de quarante ans, dont les conséquences continuent de peser lourdement sur les finances communales et, surtout, sur les droits sociaux de nombreux anciens employés de la mairie de Dschang. les défis s’annoncent immenses pour le Professeur Temgoua et son équipe. Le nouvel exécutif communal parviendra-t-il à transformer les promesses en actions concrètes ? Les lourds héritages du passé lui permettront-ils de tenir la promesse des fleurs, ou finiront-ils par compromettre les ambitions affichées pour la renaissance de Dschang ? L’avenir en dira davantage.

Article rédigé par Valdo SIEWE

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