Élection à la Commune de Dschang : voteront-ils en leur âme et conscience, ou céderont-ils à la cupidité ?

À quatre jours de l’élection du nouveau maire de Dschang, les regards sont désormais tournés vers les 41 conseillers municipaux appelés à désigner le successeur de feu Jacquis Gabriel Kemleu Tchapgou. Le mercredi 15 juillet, ces élus auront la responsabilité de choisir celui qui conduira la commune jusqu’au terme du mandat municipal.

Depuis le décès du maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchapgou le 30 mars dernier, la ville vit au rythme d’un intérim assuré par le premier adjoint, le Pr Émile Temgoua. Cette période de transition a été marquée par plusieurs initiatives visant à maintenir la continuité de l’action municipale, notamment en matière d’assainissement, de réorganisation administrative et de dialogue avec les différents acteurs locaux. Mais, à l’approche du scrutin, un autre débat s’impose. Il ne porte plus uniquement sur les profils des candidats ou leurs projets pour Dschang. Il interroge surtout la responsabilité des conseillers municipaux.

Le 15 juillet, les 41 élus voteront-ils selon leur conscience ou laisseront-ils d’autres considérations influencer leur choix ?

Dans toutes les démocraties, les élections indirectes suscitent des interrogations. Les tractations de dernière minute, les alliances de circonstance ou encore les intérêts personnels alimentent souvent les conversations. À Dschang, ces rumeurs circulent également. Elles ne constituent toutefois pas des faits établis et ne sauraient jeter le discrédit sur l’ensemble des conseillers municipaux. C’est précisément pour cette raison que l’exigence d’un vote libre, transparent et guidé par l’intérêt général apparaît plus forte que jamais. L’enjeu dépasse largement la désignation d’un simple chef d’exécutif communal. Dschang fait face à des défis majeurs : l’amélioration durable de la salubrité urbaine, la modernisation des infrastructures, la relance économique, la valorisation de son potentiel universitaire et touristique, ainsi que la restauration de la confiance entre les citoyens et leurs institutions locales. Le futur maire devra répondre à ces attentes avec des résultats concrets.

Le scrutin s’annonce particulièrement observé, notamment en raison de la confrontation annoncée entre Sa Majesté Donfack Beaudelaire et le Pr Émile Temgoua, deux personnalités aux parcours et aux visions différents pour l’avenir de la cité. Le vote de chacun des 41 conseillers municipaux pèsera lourd dans l’histoire récente de la commune. Elle déterminera non seulement le nom du prochain maire, mais également le message que les élus adresseront aux populations : celui d’une démocratie locale guidée par l’intérêt général ou celui d’une politique dominée par les calculs particuliers. Comme le rappelle un célèbre adage, « les hommes passent, mais leurs actes demeurent », le 15 juillet, les discours laisseront place aux actes. Et l’histoire retiendra moins le nom de ceux qui auront voté que les raisons qui auront guidé leur choix.

Article rédigé par Valdo SIEWE

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