L’alliance entre le Rassemblement Démocratique du Peuple Sans Frontière (RDPF) et Ghislain Victor NKENLIFACK, actée en novembre 2025, n’aura été qu’un feu de paille. Derrière ce rapprochement, se dessinaient des divergences sur les termes de l’accord, aujourd’hui au cœur du différend entre les deux cousins germains.
Le 30 novembre 2025, le mémorial EFO NKENLIFACK Marius accueillait un congrès dit de la refondation du RDPF, jusque-là dirigé par le docteur Antoine DEMANOU. Ghislain Victor NKENLIFACK ambitionnait alors de prendre les rênes d’une formation qu’il associait à l’héritage politique de Sa Majesté Djoumessi Mathias, présenté comme l’un des grands bâtisseurs du groupement Foréké.

Mais cette ambition se serait rapidement heurtée à des difficultés administratives. Selon Ghislain Victor NKENLIFACK, les démarches entreprises auprès du ministère de l’Administration territoriale (MINAT) auraient révélé une situation différente de celle qu’il envisageait : « Au moment de la passation du témoin et de la validation au MINAT, nous nous sommes rendu compte que le KUMZSE n’avait jamais existé en tant que parti politique dans les archives du Cameroun. ». Estimant avoir été trompé, l’homme d’affaires décide de se retirer de l’accord. Au regard du déploiement déjà effectué sur le terrain, il entreprend alors de lancer le KUMZSE comme formation politique à part entière, avec l’ambition de lui donner une reconnaissance officielle.

Le différend entre les deux cousins a depuis pris une tournure judiciaire. Le docteur Antoine DEMANOU revendique la paternité du label KUMZSE, une réclamation que Ghislain Victor NKENLIFACK conteste. Lors d’une conférence de presse organisée le 18 octobre 2026, à l’occasion de la rentrée politique du KUMZSE, dont il est le président, ce dernier a illustré sa position par une comparaison : « Si quelqu’un réclame la paternité d’un enfant, il n’a qu’à présenter l’acte de naissance de cet enfant dûment établi et portant les noms qui l’attestent. »

Interrogé sur les raisons de sa prise de parole, près d’un an après le début du différend, l’homme d’affaires a invoqué la volonté de privilégier une résolution familiale. Selon lui, plusieurs tentatives de conciliation auraient été entreprises avant que l’affaire ne soit exposée publiquement. Leur échec serait lié à ce qu’il qualifie d’« entêtement du docteur DEMANOU ». Ces déclarations présentent sa version du conflit ; la position du docteur Antoine DEMANOU reste à recueillir.









Dans les rangs des militants réunis au mémorial EFO NKENLIFACK, ces changements ont également suscité des interrogations. Certains, arborant encore les effigies du RDPF, ont demandé des explications sur le passage de l’appellation « RDPF-KUMZSE » à « KUMZSE ». Dans un discours d’une trentaine de minutes, Ghislain Victor NKENLIFACK a reconnu les hésitations qui ont accompagné cette transition : « Je dois commencer par vous demander pardon pour tous ces revirements. » Affirmant s’être lui aussi senti trompé, il a néanmoins appelé ses partisans à poursuivre leur engagement : « Le combat du KUMZSE continue et nos ancêtres peuvent être fiers de nous. ». Nous reviendrons dans une prochaine publication sur l’offre politique de cette nouvelle formation, ses orientations et ses ambitions.
Article rédigé par Valdo SIEWE
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