Le bras de fer politique entre Antoine de Padoue Ndemmanu et Ghislain Victor Nkenlifack prend désormais une tournure judiciaire. Quelques mois seulement après la cérémonie du 30 novembre 2025 à Dschang, présentée comme un passage de témoin à la tête du RDPF-KUMZSE, les deux cousins germains et petits-fils de Sa Majesté Mathias Djoumessi se retrouvent opposés autour d’un enjeu central : qui peut légalement revendiquer et utiliser le label KUMZSE ?
Une plainte a été déposée par Antoine de Padoue Ndemmanu contre Ghislain Victor Nkenlifack à Dschang, notamment au sujet de l’utilisation de cette dénomination. Pour le plaignant, l’antériorité du RDPF-KUMZSE, créé en 1993, lui conférerait un droit historique et politique sur ce label. Le 30 novembre 2025, au Mémorial Efo Nkenlifack Marius à Dschang, tout semblait pourtant sceller une transition politique. Antoine de Padoue Ndemmanu apparaissait publiquement aux côtés de Ghislain Victor Nkenlifack, présenté comme celui qui devait désormais porter la dynamique du RDPF-KUMZSE.

Mais la réalité administrative aurait rapidement rattrapé cette succession politique. En cherchant à faire reconnaître la nouvelle direction auprès du Ministère de l’Administration territoriale, Ghislain Victor Nkenlifack se serait heurté à plusieurs difficultés liées notamment aux procédures internes du parti et à la disponibilité des documents administratifs nécessaires à la reconnaissance de la mutation. Une situation qui le place aujourd’hui dans une position particulièrement inconfortable : avoir hérité politiquement d’une structure sans nécessairement en maîtriser tous les leviers juridiques et administratifs.

Face à cette impasse, Ghislain Victor Nkenlifack aurait choisi de prendre ses distances avec l’ancienne structure et de travailler à la création d’une nouvelle formation politique. Mais un problème majeur demeure : le choix de conserver le nom KUMZSE. Pour Antoine de Padoue Ndemmanu, il ne saurait être question de voir une nouvelle organisation politique reprendre une dénomination historiquement associée au RDPF-KUMZSE. Son principal argument repose sur l’antériorité : le RDPF-KUMZSE remonte au 22 novembre 1993 et a notamment participé à l’élection présidentielle de 1997. La bataille ne porte donc plus seulement sur la direction d’un parti, mais désormais sur la propriété politique, historique et éventuellement juridique d’un nom devenu un véritable capital électoral dans la Menoua et au-delà.


Pour Ghislain Victor Nkenlifack, le piège semble aujourd’hui se refermer autour de trois fronts. D’abord, le front administratif, avec une reconnaissance de la transition politique qui ne semble pas avoir abouti auprès du MINAT. Ensuite, le front judiciaire, désormais ouvert par Antoine de Padoue Ndemmanu autour de l’utilisation du label KUMZSE. Enfin, le front politique, car abandonner cette appellation reviendrait potentiellement à renoncer à une partie de l’héritage, de la notoriété et du réseau militant construits autour de ce nom.

C’est précisément là que réside toute la difficulté : Ghislain Victor Nkenlifack peut créer sa propre formation politique, mais il pourrait être contraint de le faire sous une identité différente si les prétentions d’Antoine de Padoue Ndemmanu sur le label KUMZSE venaient à prospérer.

Après avoir investi le terrain et tenté de construire sa propre dynamique, Ghislain Victor Nkenlifack se retrouve donc face à une équation complexe : comment poursuivre son ascension politique sans perdre le nom autour duquel cette dynamique a été construite ? La réponse pourrait désormais venir des administrations compétentes et des juridictions saisies.
Article rédigé par Valdo SIEWE
