Menoua : « la résurrection » du Prof Maurice Tadadjeu

Qui aurait pu imaginer que pratiquement 14 ans après le décès du Professeur  Maurice Tadadjeu, l’on commencerait à moissonner des lauriers, fruits du dur labeur de cet éminent linguiste Africain et érudit de la langue Yemba ?

Ce mercredi 08 Avril 2026, le campus de l’Institut Universitaire de la Côte à Dschang a été le théâtre d’un événement culturel sans précédent : les soutenances de la première cohorte des étudiants de l’Ecole Supérieure de la Langue Yemba (ESLY). Durant cette journée, 3 étudiants se sont soumis à l’exercice avec brio, suscitant l’admiration du public et surtout des chefs traditionnels venus pour la circonstance.

Les différents mémoires, rédigés et présentés en Yemba, portent sur des problématiques courantes de notre vécu quotidien mais avec la langue comme spécificité. DEMANOU GOUMKOUE Alain Bertrand s’intéresse à la « La philosophie derrière les lois du mariage dans la culture Yemba » . Cette immersion dans les fondements symboliques et sociaux du mariage traditionnel remet sur la table la question de la fragilité des foyers de nos jours.

ASSADIO Modeste, très connu dans le milieu des langues étrangères et dans la promotion du Yemba notamment chez les tous petits enfants, il a présenté ses travaux sur « L’infiltration des mots et expressions étrangères dans la langue Yemba : effets sur le prestige et la pureté linguistique » . Ses analyses sont une contribution majeure à la sociolinguistique Yemba à l’ère de la mondialisation

VOUZAP KANA Nathalie, à travers son travail qui porte sur « La place de la mère depuis l’ancestralité jusqu’à nos jours dans la Menoua » montre le rôle important qu’à toujours joué la mère dans l’harmonie et l’equilibre familial dans les foyers de la Menoua.

Au-delà des simples présentations, ces soutenances sont un symbole, un signal fort de valorisation de la langue Yemba. Si nous avons fait allusion au professeur Tadadjeu à l’entame de cet article, c’est précisément parce qu’il fut l’un des pionniers en matière de promotion du Yemba. Dans ce chapitre, un hommage est également rendu à Sa Majesté Djoumessi Mathias, ambassadeur de la langue Yemba. Ces érudits rêvaient d’un monde où les savoirs scientifiques pouvaient se faire valoir en langues locales. TAFOUEMEWE Germain Olivier, promoteur de l’École Supérieure de la Langue Yemba se situe dans la même trajectoire. Il ne se fatigue pas de multiplier les initiatives de promotion et de valorisation du Yemba, sa langue maternelle. Également fondateur de la chaîne Youtube Yemba TV, Olivier Taf revient cette fois avec un projet d’envergure qui non seulement redonne au Yemba ses lettres de noblesse, mais aussi rend hommage aux précurseurs de la langue locale de la Menoua.

Olivier Taf/ promoteur d’ESLY

La présence du Professeur KOUESSO jean Romain dans les jurys est la traduction d’une volonté de dynamisation du Yemba, langue qui a fait l’objet de nombreuses publications scientifiques de l’universitaire, par ailleurs Chef de département d’Études Africaines à la Faculté des Lettres de l’Université de Dqchang. À ses côtés, d’autres éminents membres du jury qui tous arborent une tenue atypique pour ce festin académique.

Dans le contexte actuel de la mondialisation avec ses effets dévastateurs sur nos langues locales, Dschang donne un signal assez clair sur la réappropriation de notre diversité linguistique.

Article rédigé par Valdo SIEWE

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