La gloire des producteurs de cacao au Cameroun n’aura été que courte durée, laissant désormais place au stress causé par la chute vertigineuse des prix du kilogramme. Une situation qui rappelle de déclin de la caféiculture dans les années 90
À Santchou, l’un des bassins de production des fèves de cacao, nous rencontrons Fabien qui vit désormais avec une dose pratiquement élevée du cortisol, l’hormone du stress. Fabien ne réalise toujours pas comment en début du mois de Mars 2026, le kilogramme oscille autour de 1000 FCFA après avoir atteint des sommets supérieurs à 5000 il y a quelques mois.



L’histoire raconte d’ailleurs que tout comme Fabien, bien d’autres producteurs se faisaient appeler « président« . Un qualificatif qui sied bien avec l’ascension sociale d’alors. Fabien nous rassure avoir vendu tout son stock à un prix tellement dérisoire qu’il ne sait plus à quel Saint se vouer, lui qui dit être endetté dans plusieurs réunions. Le cas de Fabien sans doute n’est que le côté visible de l’iceberg.
Une spéculation fortement dépendante des cours du marché mondial
Le cacao fait partie de ces cultures qui subissent régulièrement le diktat du commerce mondial. Après des prix records en 2024 et 2025 dus à un déficit, le marché mondial s’est réajusté. L’amélioration de l’offre et la baisse des cours internationaux se sont répercutés directement sur les prix locaux, amplifiant un désintérêt remarquable dans les plantations. Cette volatilité selon Fabien, rappelle la dégringolade du café dans les années 90. Selon lui, ce qui a tué le café finira par tuer le cacao.
Par Valdo SIEWE.
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