Grèves dans certaines  communes de la Menoua : le procès d’une décentralisation qui refuse de s’assumer.

Les récentes grèves des agents communaux à Dschang et à Santchou sont révélatrices du malaise que vivent les municipalités.

8 mois de salaires impayés à Dschang et 13 mois à Santchou, ces retards semblent être le seul abcès qui gangrène  la gestion de ces communes mais en réalité, ils sont l’arbre qui cache la forêt. La décentralisation à la Camerounaise s’apparenterait à une chèvre vendue mais dont la corde a été retenue par l’État central qui, transfère formellement des compétences aux collectivités locales sans pour autant transférer les ressources financières. L’exemple le plus illustratif est le retard criard des payements des centimes additionnels communaux qui représentent encore une bonne part du budget des communes de l’arrière pays. En l’État actuel des choses, pratiquement aucun élu local ne peut être à la hauteur des challenges de son territoire. Toutefois, il convient de rappeller que les exécutifs municipaux ne sont pas exempts  de tout reproche. Dans un tel environnement, la survie d’une mairie est fortement tributaire de ses activités génératrices de revenus et de la bonne foi des maires.

Le 24 Décembre 2025, cela fera exactement 6 ans que le Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées a été promulgué au Cameroun. Ce texte plein d’espoir qui fixe le cadre réglementaire de ces entités est très loin de la réalité. Rendu au 24 Décembre 2025, des agents communaux de Dschang et Santchou sont dans la confusion totale et ne savent à quel Saint  se vouer. Et ce ces cas ne sont sans doute pas isolés.

Article rédigé par Valdo SIEWE

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