Restauration du lac 8 de Dschang : les efforts de l’association Agrocom seront-ils suffisants ?

Engagée à redonner vie aux reliques du lac 8 de Dschang, l’association Agrocom entend sauver cette étendue d’eau qui porte une partie non négligeable de la mémoire historique de la cité climatique.

Construit avant les indépendances par l’ingénieur agronome Marcel Lagarde, le lac 8 est l’un des étangs qui servait à la vulgarisation piscicole. D’après plusieurs témoignages de riverains, son charisme s’imposait de par sa grandeur.

Quand nous étions tout-petits, on ne s’approchait pas du lac n’importe comment de peur de se noyer. Nos parents nous disaient que la profondeur était d’environ 12 mètres et c’était très vaste jusqu’à loin au fond là-bas. Témoigne maman Victorine, septuagénaire.

Le lac 8 qui jadis servait également de lieu d’abreuvage pour le bétail, a perdu plus des 3 quarts de sa superficie. Autrefois s’étendant sur plus d’un hectare, il n’en reste pratiquement plus rien aujourd’hui.

Selon plusieurs experts des questions environnementales, l’activité anthropique est fortement pointée du doigt.

Dès que vous ameublissez les terres qui sont sur les montagnes, le ruissellement va les emporter pour remplir toutes les zones basses. Et le lac 8 justement a progressivement été rempli du fait de la forte activité sablière sur la montagne derrière nous. Prof Émile Temgoua

En plus des facteurs susmentionnés, la boulimie foncière d’une certaine élite locale a essayé de donner le coup fatal lorsqu’en 2021, un chantier de construction a été entrepris sur l’espace remblé du lac.

Image illustrant le début du chantier.

Face à la tentative d’élimination de cette espace humide, l’Association pour la Communication des Institutions Agro-pastorales (Agrocom) en partenariat avec d’autres organisations de la société civile telles Green Impact et Decentas ont initié une opération de reboisement des alentours du lac. 100 plans de raphia ont été mis en terre le 18 Septembre 2025. Selon Guillaume Tchoudjang, président d’Agrocom, le choix de l’espèce Areca-raphi a été porté en raison de sa capacité à restaurer les sols humides.

Guillaume Tchoudjang / président Agrocom

Cette action de reboisement a connu la participation des autorités municipales et de plusieurs sectoriels qui traitent des questions environnementales et de préservation des écosystèmes.

Ces actions pourront-elles sauver le lac?

Cette interrogation semble bien rhétorique. Cependant, l’une des plus grandes menaces qui pèse sur le lac aujourd’hui est la boulimie foncière d’une certaine élite locale qui s’obstine à ériger des bâtiments sur le site au mépris de la pérennité de cet écosystème. Bien que l’activité sablière ait été stoppée depuis quelques années déjà, le lac 8 est un malade qui a besoin d’une plus grande attention.

Article rédigé par Valdo SIEWE

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